Jean Philippe Broussin Artiste Dioramiste

Jean Philippe Broussin Artiste Dioramiste

 

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Le petit monde des figurines

A 48 ans, Jean-Philippe Broussin est resté le gamin émerveillé par les Playmobil avec lesquels il jouait enfant. De sa passion il a fait son métier et expose aujourd’hui aux quatre coins de la France ses dioramas.

 

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A 48 ans, Jean-Philippe Broussin n’a pas passé l’âge d’être un gamin. Partout des milliers de bonhommes, de animaux, de petites voitures et de gros bateaux en boîte, en coffret, en caisse, en

sachet et en vrac. Bienvenue au pays des Playmobil. « J’ai peur du vide, j’adore m’encombrer, reconnaît le quadra en rigolant. Avant, je stockais chez moi, ça devenait compliqué pour ma femme. On n’arrivait plus à entrer dans la maison. » Aujourd’hui, ses 300 mètres carrés d’entrepôt à Beauchamp (Val-d’Oise) lui servent à la fois de réserve et de zone de préparation de colis.

 

Car Jean-Philippe Broussin n’est pas seulement un collectionneur. Il vend, il achète, il échange : ici, ça tourne, ça vit, ça va et ça vient au rythme des expéditions par Internet et des visites d’amateurs venus de la France entière pour dénicher une pièce manquante à leur panoplie de polymère.

« J’ai une grande capacité à orchestrer le visuel, admet-il sans fausse pudeur. Sans doute ma formation de graphiste. » Habitué de l’image sous toutes ses formes, il s’est aussi exercé à la peinture au sein d’un collectif d’artistes.

 

Les années passent à maquetter des pages en indépendant pour des agences de publicité et des entreprises. Jusqu’à ce jour où il passe chez ses parents récupérer deux cartons de Playmobil qu’il avait petit pour les offrir à son tour à ses deux garçons, Lancelot et Théophile, aujourd’hui 14 ans et 7 ans. C’est alors que « la valse des souvenirs s’est mise en marche. J’ai compris à ce moment que j’avais envie de revivre cette vie-là et de rejouer à mon tour ».

Et c’est ainsi que, bien installé derrière son écran, Jean-Philippe Broussin explore les forums de collectionneurs et ratisse les sites spécialisés pour nourrir sa fringale de figurines. Entre deux alertes sur eBay, il écume les salons pour entretenir le réseau et croiser ses rabatteurs qui achètent pour lui les bonnes pièces dans les brocantes et les salles des ventes locales.

En 2011, notre collectionneur a décidé de créer son propre site d’e-commerce et d’organiser son

activité, en jonglant entre les ventes sur Internet, ses deux boutiques de jouets et ses expositions qu’il monte depuis une demi-douzaine d’années à travers la France. Des abbayes normandes au

château de Blois ou au Mont-Saint-Michel, en passant récemment par l’hôtel des Invalides à Paris, pour l’exposition Playmobil, en avant l’histoire, il impose sa patte dans tous les styles.

 

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Reconstitutions ludiques de la guerre de Cent Ans ou construction de la ligne TGV Aquitaine, ses dioramas sont des mises en scène thématiques géantes de son impressionnante collection qui compte de très nombreuses pièces en double. Au pic de son activité, Jean-Philippe Broussin a géré

le même mois cinq expositions avec trente-deux scènes différentes dans tous les formats, d’une simple table à un plateau de 50 mètres carrés. De quoi entretenir la passion du jeune public pour les Playmobil.

Les bâtiments sont assemblés à l’avance et, une fois sur place, notre collectionneur peut passer plusieurs jours avec son équipe pour installer ses personnages et tous les éléments du décor. « Je n’ai jamais de plan à l’avance, je développe une vision d’ensemble dans ma tête une fois sur le site. » Car, son vrai truc à lui, c’est l’improvisation. « Ce qui me plaît, plutôt que de jouer à la marchande, c’est d’inventer, de moduler, de customiser. » Autrement dit, de démonter et de recomposer une figurine à partir d’autres éléments Playmobil pour créer des modèles originaux. Armé d’un simple cutter, de colle, de pinceau et de pâte à durcir, il transforme, il repeint, il ajoute de la matière, « bref, je ne fais que des choses considérées comme sacrilège par les puristes ». D’ailleurs, Jean-Philippe Broussin est fier de n’en faire qu’à sa tête. « On a le droit de modifier les personnages tant qu’on ne les vend pas. » Or, ce sont précisément ces remodelages de figurines hors licence, comme Lucky Luke, Tintin, ou Jack Sparrow (Pirate des Caraïbes) qui sont les plus

recherchés. Pourtant, alors que les classiques chevaux et écurie pour les filles, pompiers et chevaliers pour les garçons, font de la résistance, notre homme ne peut s’empêcher d’être amer. « Les enfants perdent le côté féérique des jouets. » Récemment, une mère de famille lui a demandé de concevoir un Playmobil en Gilet jaune pour son fils. « Comme si c’était les nouveaux super héros.

Aujourd’hui, on est trop dans le réel. Le camion poubelle, le manifestant et le fourgon de police, cela manque quand même de poésie. » Question d’émotion.